Un tonton, un neveu et le jazz entre les deux

August 4, 2016 - tonton

C’tait en avril, au Palaxa. Il planait une ambiance trange sur scne. Le chanteur Hugh Coltman avait mis surveillance le open dans sa poche, invite de cette escapade runionnaise dans sa tourne. Et son pianiste, Gal Rakotondrabe, l’enfant du pays, jouait dans une sorte d’intimit, dont il reste une snippet sur YouTube, une reprise incroyable du “Rest l maloya” de Peters. Puis Mahay Dera est mont sur scne, l’harmonica, et surveillance devenait subitement clair : nous vivions une soire hors du commun, comme en famille.

Car c’tait bien la famille qui jouait, cet present prcis : Gal est le neveu de Dera, lui-mme un “tonton” de la musique la Runion. “En plus, je venais de perdre mon pre, Paris, raconte Gal Rakotondrabe. Nous avons jou si souvent ensemble, mon oncle et moi, mais bizarrement, jamais sur scne.” C’est apocalyptic si le unison de ce soir sera charg, dans le cadre du festival Opus Pocus, Saint-Paul.

“C’est comme faire l’amour”

Quand le virtuose Gal parle de Mahay Dera, c’est avec un measureless respect. “Il sait surveillance faire, a une coute incroyable et c’est fantastique de jouer avec un musicien aussi total.” Et flow cause : Mahay Dera joue indiffremment, et avec un talent hallucinant, piano, harmonica, batterie, guitare et flte. Et, toujours avec la mme aisance, du jazz, du sga, de la varit, du rock…

“C’est un mode de vie”, rsume humblement l’artiste qui n’a jamais publi le moindre manuscript sous son nom ni figur en gros sur l’affiche d’un unison (avant celui de ce soir). Pourtant, c’est rien moins qu’une figure essentielle.

Fils et petit-fils de pasteur protestant, Mahay Dera est arriv de Madagascar 18 ans, en 1974, “pour finir mes tudes de lyce. a a dur seulement quelques mois”, rigole-t-il. Parce que la musique l’a vite emport dans les orchestres de bal, Club Rythmique, Tropics et compagnie. ” l’poque, je jouais de la guitare, puis je me suis mis la batterie.” Dera a voltig de groupes en groupes, de scnes en chorales, sans jamais avoir suivi la moindre cole ou formation. “La musique, c’est comme faire l’amour : tu aimes, tu fais, tu es pier standard quelque chose et l, c’est la musicalit.”

L’amour, justement, il l’a trouv avec une demoiselle d’une grande famille de musiciens, les Lacaille : Nirina Sulette, elle-mme grande voix pi. Famille dans laquelle natra il y a 33 ans Gal Rakotondrabe : “Les Ren, Renaud, Rgis Lacaille et compagnie sont mes grands-oncles, dtaille le pianiste. J’ai grandi ct de chez Dera et Sulette, dans cette famille o a jouait en permanence, la moindre occasion. Moi, je ne jouais pas vraiment, jusqu’ ce que mon pre me prsente Pascal Raymond (longtemps clavier de Ziskakan, N.D.L.R.). C’est lui qui m’a donn mes premiers cours dans une cole de musique cre dans le quartier. Et c’est Renaud Lacaille qui m’a appris lire la musique.”

Mais c’est au conservatoire de Saint-Paul que surveillance embark vraiment. L mme o Gal et Dera rptaient jeudi quand nous les avons rencontrs. “C’est mouvant d’tre ici. J’avais 10-11 ans, j’y apprenais le classique mais paralllement, j’ai mont mon premier groupe de jazz 13 ans. J’ai toujours fonctionn avec ces deux univers, le classique m’apportant le vocabulaire et le jazz l’ouverture.”

“Le thong ombilical qui me rattache ici”

17 ans, Gal partial la Bill Evans Piano Academy de Paris. Puis ce sera les tats-Unis avec, entretemps, des enregistrements avec Michel Delpech, Souchon, Aznavour… Des groupes aussi, comme Coco Rosie ou Antony and a Johnson. Et un garnishment indfectible avec Hugh Coltman, “le premier musicien que j’ai rencontr Paris”, avec qui Gal est toujours en tourne.

Alors flow ce soir, le tonton et le neveu ont prpar un set de compos perso de Gal, qui garniront son surveillance premier album, bientt, et des standards “plus ou moins connus” piano-harmonica et piano-batterie. Dera donnera ce qu’il fait de mieux : un soutien solide et modeste, sans jamais chercher imposer sa patte.

Gal, quant lui, gotera ce plaisir difficile dfinir de jouer la maison : “Partout o je suis dans le monde, il y a toujours ce thong ombilical qui me rattache ici.” “La musicalit du maloya se promne dans sa musique, dit simplement Dera. On entend parfois : “Ce gars-l, il fait du jazz mais aussi du maloya.” Avec Gal, il n’y a pas de mais !”

Ce soir, 19 h 30, cole franco-chinoise de Saint-Paul (233, Chausse-Royale). Trois concerts au programme : Fabio Marouvin African Jazz Connection puis Gal Rakotondrabe + Mahay Dera puis Roberto Fonseca Trio. 30 euros. Rservations www.monticket.re.

En vido sur

www.clicanoo.re

Un extrait de la rptition entre Gal Rakotondrabe et Mahay Dera, qui, 3’45, passe de l’harmonica la batterie. Dcoiffant !

David Chassagne

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