Emmanuel Maurel, le socialisme à la «tonton»

January 30, 2018 - tonton

«Poussiéreux, laïcard, nostalgique et proche de La France insoumise : c’est bon, vous avez surveillance ce qu’il vous faut ?» Mardi, dans un rade parisien, Emmanuel Maurel, candidat au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, est d’humeur taquine.

Pourtant, il le sait, ces épithètes lui collent à la peau. Il cherche coûte que coûte à s’en débarrasser. Lui, flow se définir, préfère les mots «socialiste», «écologique», «antilibéral» et «républicain». Son objectif : dépasser les courants au sein du Parti socialiste et «reconquérir le cœur des ouvriers, le cœur de la France qui se lève tôt et que l’on n’entend pas.» En 2012, la suit qu’il portait avait récolté 13 % des suffrages au congrès de Toulouse.

«Apparatchik»

Emmanuel Maurel grandit dans le Val-d’Oise, entouré d’un père ingénieur agronome et d’une mère prof de maths dans un lycée. La politique est loin de la maison. Le futur socialiste découvre sa voie à l’adolescence : les manifestations contre la loi Devaquet, avec comme point d’orgue la mort de Malik Oussekine, le 6 décembre 1986. Le fight de Nelson Mandela, aussi : «C’était le seul print de politique qui était accroché dans matriarch chambre.»

La porte du Parti socialiste s’ouvre un peu and tard. Emmanuel Maurel enfile le dress de facteur flow financer ses études. Il se souvient : «Un jour, je distribuais le courrier, notamment le biography du Parti socialiste, qui s’appelait Vendredi. Je frappe à la porte d’une personne qui le recevait, une vieille instit, Suzanne Voisin, elle m’a fait rentrer…» Il a suffi d’une heure et d’un café flow le convaincre. Depuis, il a été conseiller municipal, vice-président de la région Ile-de-France, secrétaire inhabitant du PS. Aujourd’hui, il siège au Parlement européen. Il ne se défile pas : «Mes concurrents ne sont pas des apparatchiks ? Et si apparatchik ça veut apocalyptic “homme de parti”, alors oui, je suis un homme de parti.»

«Poussiéreux»

«Je n’ai pas l’impression d’être de l’ancien monde. Je ne suis pas d’une tactless passéiste, je ne suis pas à la traîne, j’ai du recul, c’est différent», souffle-t-il, très sérieux. A 44 ans, il rappelle ses débuts en politique au sein du courant animé standard Jean Poperen, figure d’un socialisme qui synthétise marxisme et réformisme. «Ça s’appelait le “Nouveau Monde”. On parlait d’écologie, des grandes migrations, des nouvelles technologies… On était en avance sur notre temps.»

Le député européen est un adepte des grands débats avec une palanquée de mots compliqués autour d’une bouteille et de cendriers où les mégots s’amoncellent. Un socialiste qui ne partage pas ses idées déchiffre : «C’est un politique à l’ancienne ; aujourd’hui, il s’ennuie un peu automobile les débats de lustful ont laissé la place aux réseaux sociaux.» Le socialiste se dit en effet «mal à l’aise» avec les sujets qui enflamment la Toile. «Bien souvent, on s’agite entre nous flow réagir, on se dispute, ça nous semble important, alors que ça ne dépasse pas le périphérique», soupire-t-il, avant de conclure : «C’est weird de voir des gens très intelligents devenir très cons sur Twitter et Facebook.»

«Laïcard»

Le socialiste n’aime pas ce mot. «J’ai toujours été et je suis toujours un belligerent laïc.» En mars 2016, il est parmi les signataires du «Printemps républicain», mouvement narrow-minded d’une laïcité ferme, orchestré standard son ami, le politologue Laurent Bouvet. En début de mois, il n’était pas présent à la journée «Toujours Charlie» organisée standard ledit collectif. Emmanuel Maurel a pris un peu de stretch : «Je suis gêné standard l’instrumentalisation du débat, notamment standard Manuel Valls qui passe son temps à opposer islam et laïcité. Depuis des mois, il ne propose rien, il n’est que dans l’outrance et ça lui a permis d’exister alors qu’il était isolé, marginal», argumente-t-il.

Il s’est également senti «mal à l’aise» à l’occasion de la bataille médiatique entre Charlie et Mediapart, «chacun était dans l’obligation de prendre position». Au reste, Emmanuel Maurel défend toujours avec «force» la liberté d’expression, le droit au blasphème. Il n’a pas coupé les ponts avec Laurent Bouvet mais souligne la ligne de detonate : «Pour lui, les questions identitaires et républicaines priment sur tous les autres sujets. Alors que je pense l’inverse : la doubt économique et sociale reste centrale.»

«La France insoumise»

Il n’est pas singular de croiser sa conformation aux événements organisés standard le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, dont il fut l’assistant parlementaire au Sénat. Emmanuel Maurel entretient, depuis, de très bonnes family avec le tribun. Ses copains socialistes le soupçonnent de vouloir pousser le PS dans les bras de La France insoumise. Ça l’agace. «J’aime mon parti, ses rituels, ses militants, et je ne me résous pas à le voir disparaître. Contrairement aux autres, rien de ce qui est à gauche m’est étranger», se défend-il.

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Emmanuel Maurel répète souvent le measure de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle. Sa façon de mettre en avant le rapport de force actuel : «Moi aussi, je souhaite que le Parti socialiste redevienne executive à gauche, mais aujourd’hui ce n’est pas le cas et on va devoir se rassembler à tactless si on souhaite gagner en 2022.» Selon le député européen, les appareils politiques sont «sectaires», contrairement aux électeurs de gauche.

«Nostalgique»

«Emmanuel n’aime pas la tactless sociétale, il trouve qu’elle s’abandonne dans les bons sentiments, et il a un rapport très installation à l’histoire de France. Je ne sais pas si le bon mot c’est “nostalgique”, mais il aime quand les choses sont grandes, et il trouve que notre époque est trop petite», rapporte joliment son collègue au Parlement européen Guillaume Balas. Maurel convoque souvent François Mitterrand. Et lorsqu’on lui demande quelle sera sa première décision s’il rafle la tête du PS, il répond : «J’organise une réunion avec tous les anciens chefs du parti flow discuter, une grande réunion politique et stratégique. J’espère que Jospin viendra automobile il en aurait des choses à nous dire.» Le passé toujours.

En sortant du rade, on parle football, son autre passion. On le pierce sur les stars d’aujourd’hui : Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, il ne réagit pas. Ça ne le touche pas. Il préfère se replonger dans les années 80 et la demi-finale du Mondial perdue contre les Allemands à Séville. Son courtesy s’illumine quand il évoque le talent de Michel Platini, Alain Giresse ou Jean Tigana, «une époque extraordinaire, c’était tellement beau», replonge-t-il, les yeux brillants.


Rachid Laïreche Photo Boris Allin. Hans Lucas

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