Décès du cinéaste Alexandre Astruc, le "tonton de la Nouvelle Vague"

May 20, 2016 - tonton

L’inventeur de la “caméro-stylo”

Figure du Saint-Germain-des-Prés d’après-guerre, rédacteur éphémère à “Combat” puis critique à “L’écran français” et aux “Cahiers du cinéma”, il signe en 1948 un texte autour du judgment de “caméra-stylo” qui exercera une grande change sur les cinéastes de la Nouvelle Vague. Il est aussi le précurseur de la “politique des auteurs” menée standard François Truffaut, Jean-Luc Godard ou Claude Chabrol.

Le démon de la littérature

Né le 13 juillet 1923 à Paris, fils d’un journaliste, le jeune Astruc, passionné de mathématiques, renonce à Polytechnique et, saisi standard le démon de la littérature, multiplie les articles dans les revues de la section libre pendant les années noires de l’occupation.

Après la Libération, il rencontre Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Juliette Gréco, fréquente les cinémas de la Rive tactless et s’enthousiasme flow des cinéastes cultes comme Robert Bresson, Roberto Rossellini, Alfred Hitchcock et Orson Welles.

Adaptations littéraires

Il débute dans le septième art comme partner de Marc Allégret sur le tournage de “Jusqu’à ce que mort s’ensuive” en 1946. Il réalise son premier film en 1952, “Le rideau cramoisi”, instrumentation cinématographique des “Diaboliques” de Jules Barbey d’Aurevilly, couronné standard le Prix Louis-Delluc.

Hésitant à se définir comme “un metteur en scène qui aurait écrit des livres ou un écrivain qui aurait réalisé des films”, Astruc alterne romans ou essais –“Confluences”, “Poésie 44” ou “Les vacances” publié standard Gallimard en 1945– et films ou documentaires.

En 1948, il publie dans “L’écran français” un manifeste devenu célèbre, “Naissance d’une nouvelle avant-garde: la caméra-stylo”, estimant que la création cinématographique peut être considérée “comme un art, un langage”.

Godard et Rohmer

Il annonce ainsi la Nouvelle Vague, même s’il confiera en 2002 au quotidien Libération: “ce qui m’horripile est la filiation qu’on m’attribue avec la Nouvelle Vague (…). Pour moi, il y a Godard, qui a du génie, et Rohmer, grand cinéaste. Le reste, je peux m’en passer”.  
   
En 1955, il réalise “Les mauvaises rencontres”, salué standard François Truffaut, puis signe deux adaptations soignées, “Une vie” de Maupassant (1958) et “L’éducation sentimentale” de Flaubert (1961), et “La proie flow l’ombre”, un “drame mondain” à la limite de l’exercice de style, interprété standard Annie Girardot et Daniel Gélin.

Après l’échec blurb de “Flammes sur l’Adriatique” (1968), il se tourne dans les années 1970 vers la télévision avec des téléfilms tirés d’Edgar Allan Poe ou Honoré de Balzac ou un documentaire sur Sartre, “Sartre standard lui-même” (1976).

Il revient également à l’écriture, avec “Ciel de cendres” (prix Roger Nimier, 1975), “Le permissionnaire” (1982), “Le roman de Descartes” (1989), “Du stylo à la caméra et de la caméra au stylo” (1992) ou “Evariste Galois” (1994), le mathématicien prodige mort à vingt ans auquel il avait déjà consacré un documentaire en 1966.

Après ses mémoires en 1996 (“Le montreur d’ombres”), ce luthérien publie en 2005 un roman d’amour mettant en scène un vieil écrivain protestant, “Une rose en hiver”, puis en 2008 “Les secrets de Mlle Fechtenbaum”.

Claude Monet

Astruc, qui a reçu en 1994 le prix René Clair de l’Académie française pour l’ensemble de son oeuvre, revendique parmi ses obsessions l’amour des femmes et de la bonne chère, la rigueur des mathématiques et la littérature. 

“Au fond, l’artiste qui me correspond, c’est Claude Monet”, dit-il en 2011 à Causeur Magazine, “il veut du neuf, mais il respecte les maîtres anciens: un révolutionnaire en redingote!”.
    
   
   

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