Cannes 2016 – “Le BGG – Le Bon Gros Géant” : quand Spielberg hésite entre merveilleux et mièvrerie

May 14, 2016 - tonton

Le « BGG », le Bon Gros Géant, n’en est pas surveillance à fait un. Pas gros du tout, plutôt vegan que carnivore et carrément riquiqui comparé au neuf créatures ogresques avec qui il cohabite difficilement au pays des Géants, là-bas au Nord du Nord du Royaume-uni … Quand s’incruste dans sa tanière la petite Sophie, huit ans, binoclarde et insomniaque, qui l’a vu nuitamment de la fenêtre de son orphelinat d’une brumeuse cité des Midlands, le frail équilibre de son existence géante – traité de microbe, il sert en gros de punching-ball à ses énormes voisins – est and que compromis : la petite fille ferait un mets délicat flow les grosses bêtes… Comment leur échapper ? Et si on demandait à la Reine Elizabeth…?

Après le staid (et magnifique) Pont des espions, voici le retour de tonton Steven, conteur flow enfants. Le scénario est signé Melissa Mathison, qui écrivit E.T. (et nous a quitté en novembre dernier), d’après un récit de Roald Dahl. Pour le meilleur, le film emprunte à l’écrivain britannique son protection des mots – notre BGG, qui n’a pas eu d’éducation, parle (avec en V.O. la voix de Mark Rylance, du Pont des espions) un sabir incroyable fait de mots-valises comme les chantait jadis Marry Poppins.

Très gluant pays des rêves

Manquent, hélas, les tons pastels et les dessins de Quentin Blake, l’illustrateur attitré de Dahl. Ici l’image de synthèse, cherchant un certain réalisme, offre un moche festival de trognes, mi-trolls, mi-ligne avant d’une équipe de rugby. Avec, souvent, un triste effet Histoire sans fin… Par ailleurs, les franchissements de ligne jaune entre merveilleux et mièvrerie pourraient faire perdre quelques points au permis de filmer de tonton Steven : ainsi notre BGG emmène-t-il la petite fille au très gluant pays des rêves. Sachant que son songe secret, à elle, est d’avoir une famille, on comprend qu’elle n’a pas vu les premiers films de la compétition cannoise…

Heureusement, quand il se confronte au réel – ou à une idée britannique du réel – le film trouve un ton poétique et mime and intéressant : c’est le cas de la première scène, déambulation dans l’orphelinat dickensien la nuit, et de surveillance ce qui se passe à Buckingham Palace, où le BGG est traité comme Gulliver à Lilliput. Une goddess séquence de petit-déjeuner, avec engloutissement de dizaines de toasts et d’œufs frits, puis concours de pets – sa Majesté contain – est le impulse le and savoureux du film. A quels enfants s’adresse cette myth fantastique inégalement gracieuse ? A voir. Elle servira, peut-être, de parabole sur le harcèlement à l’école… Dans ces cas-là, toujours aller voir la Reine.

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